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October 01 L'amour à MortHomophobie : les victimes osent enfin se plaindre
La principale association note une nette hausse des témoignages.
Par Didier ARNAUD
Les humiliations homophobes au boulot, voici ce que cela donne : la responsable d'Emmanuelle se plaint «d'être en face d'une gouine toute la journée, c'est dur». Un des clients de Julien, jeune avocat, lui a déclaré : «Les pédophiles, c'est comme les pédés, ça ne se reproduit pas mais il y en a de plus en plus.» Le directeur de Marcel à envoyé un SMS à certains de ses collègues : «Aujourd'hui, journée de la sodomie, envoyez un SMS à cet enculé, galette des rois : prenez la fève vous serez la reine.» Ces exemples, issus du rapport 2007 de l'association SOS Homophobie, livré hier, confirme la tendance : c'est le quotidien professionnel hompohobe dont les gens se plaignent le plus. 16 % du total des témoignages recueillis par SOS Homophobie parlent de cela. «Elle concerne tous les secteurs privé comme public et revêt de multiples formes : insultes, brimades, discriminations, renvois ou démission», note le rapport. Avant d'ajouter : «Les appelants décrivent un enfer, fait de gestuelles obscènes, regards moqueurs et plaisanteries salaces, mimes efféminés pour les gays.»
En 2006, plus de 1 230 témoignages ont été recueillis par SOS Homophobie. Soit 10 % de plus que l'année précédente. Et c'est un motif de satisfaction des responsables de l'association. Ils voient là un signe chez les victimes de «moins se laisser faire». Les hommes appellent plus facilement (76 %), tandis que les femmes restent hésitantes (22 %). La part des appels venant de province est de 60 %. Par ailleurs, les agressions sur les lieux publics pour lesquelles SOS a constaté «un doublement des appels (12 %)» constituent la «très mauvaise surprise» de cette livraison 2007. Policiers et gendarmes sont par ailleurs accusés de se livrer à un «véritable harcèlement» sur les lieux de drague, parfois pour les «nettoyer» c'est arrivé à Paris, mais aussi dans l'Aude ou en Vendée. Les agressions physiques, enfin, se stabilisent autour de 12 % des appels. «La visibilité est souvent un élément déclencheur», a précisé Jacques Lizé, le président de l'association, qui a aussi regretté l'ambivalence des personnes assistant à des agressions. Ceux-ci hésitent à intervenir. Et à témoigner. |
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